Les chiffres du premier trimestre 2026 sont tombés début avril. Ils dressent un portrait contrasté du marché belge de la voiture d’occasion : un volume global en légère baisse par rapport à 2025, un effet Salon de l’Auto qui a dopé les immatriculations de mars, et des mutations de fond qui s’accélèrent électriques en forte hausse, diesel en recul structurel, hybrides qui s’installent durablement. Voici une lecture chiffrée et commentée des grandes tendances de ce début d’année, à partir des données TRAXIO, FEBIAC et AutoScout24.
Les chiffres clés du T1 2026
Sur les trois premiers mois de l’année 2026, 181 953 voitures d’occasion ont été immatriculées en Belgique, selon les données publiées par TRAXIO le 3 avril 2026. C’est une baisse de 2,3 % par rapport au premier trimestre 2025 mais avec une nuance importante : mars a affiché une hausse de +2 % par rapport à mars 2025, ce qui marque le premier mois en territoire positif depuis le début de l’année.
Le marché de l’occasion reste structurellement dominant face au neuf : au T1 2026, 181 953 occasions ont été immatriculées contre 113 805 voitures neuves, soit un ratio de 61/39 en faveur de l’occasion. Ce rapport, stable depuis plusieurs années, confirme le rôle central du marché de la seconde main dans l’accès à la mobilité en Belgique.
| Indicateur | T1 2026 | Évolution vs T1 2025 |
|---|---|---|
| Immatriculations occasion totales | 181 953 | −2,3 % |
| Immatriculations neuves totales | 113 805 | −6 % |
| Ratio occasion / total marché | 61,5 % | Stable |
| Part des particuliers (occasion) | ~90 % | Stable |
| Immatriculations occasion mars uniquement | En hausse | +2 % |
L’effet Salon de l’Auto : moteur de mars
La hausse de mars s’explique principalement par un mécanisme bien connu du secteur : l’effet Salon de l’Auto. Le Salon de Bruxelles, organisé en janvier 2026, a généré un volume important de commandes de voitures neuves chez les particuliers. Entre la commande et la livraison, plusieurs semaines s’écoulent — les immatriculations de ces véhicules se concentrent donc en mars.
L’effet se propage ensuite sur le marché de l’occasion : une grande partie des particuliers qui prennent possession d’un véhicule neuf mettent simultanément leur ancienne voiture en vente. Ce flux supplémentaire d’offre sur le marché de la seconde main explique la remontée des immatriculations d’occasion en mars. Le Salon agit comme un double accélérateur : il stimule le neuf et alimente l’occasion.
Ce phénomène crée une fenêtre d’opportunité concrète pour les acheteurs d’occasion : dans les semaines qui suivent les livraisons post-Salon, l’offre de véhicules récents mis en vente par des particuliers est plus abondante que d’habitude, ce qui peut générer de bonnes opportunités de négociation.
Les motorisations : l’électrique s’envole, le diesel chute
L’électrique d’occasion : +50 % au T1 2026
Le chiffre le plus marquant du trimestre vient du segment électrique. Malgré un marché global de seconde main en recul, les voitures électriques d’occasion progressent de près de 50 % au premier trimestre 2026. Cette hausse spectaculaire s’explique par la convergence de trois facteurs :
- L’offre croissante : les premiers véhicules électriques achetés ou pris en leasing entre 2021 et 2023 arrivent en masse sur le marché de la seconde main, alimentés par les retours de flottes professionnelles
- La baisse des prix : les électriques d’occasion ont vu leurs prix baisser régulièrement depuis 2023, rendant ce segment accessible à un profil d’acheteur plus large
- Le regain d’intérêt lié aux carburants : les récentes tensions autour des prix des carburants semblent raviver l’intérêt des consommateurs pour les voitures électriques sur les plateformes d’annonce.
Pour autant, l’électrique reste minoritaire sur le marché de l’occasion belge. Sa part de marché tourne autour de 5 à 6 % au T1 2026 très loin des 34,7 % qu’il représente sur le marché du neuf. La structure du parc roulant belge, encore très majoritairement thermique, explique ce décalage structurel qui persistera plusieurs années.
Le diesel : en recul structurel
Le diesel confirme son déclin sur le marché de l’occasion. La part des véhicules d’occasion au diesel poursuit son recul à 26 %, tandis que la part des moteurs à essence augmente à 55,6 %. Ce chiffre, issu du bilan annuel 2025 de TRAXIO, se confirme sur les premiers mois de 2026.
Ce recul s’explique par plusieurs dynamiques cumulées : l’impact des zones LEZ (les diesels anciens sont progressivement interdits à Bruxelles, Anvers et Gand), la méfiance croissante des acheteurs particuliers envers la valeur résiduelle des diesels, et l’afflux de véhicules essence ex-leasing récents issus de flottes qui se sont électrifiées.
Pour les acheteurs, ce mouvement crée paradoxalement des opportunités : les diesels Euro 6 récents (post-2015) connaissent une dépréciation accélérée du fait de la méfiance générale envers le diesel, alors qu’ils circulent encore librement dans toutes les LEZ belges actuelles et le feront jusqu’en 2030 au minimum. Un diesel Euro 6d acheté en 2026 peut ainsi représenter une affaire à condition de bien vérifier la norme et l’historique d’entretien.
L’essence et les hybrides : les grands gagnants
L’essence consolide sa position dominante sur le marché de l’occasion. Avec 55,6 % des immatriculations, elle bénéficie à la fois de la désertion du diesel et de la demande soutenue des particuliers pour des motorisations simples et accessibles. Les voitures à moteur thermique abordables, de préférence en version essence et automatique, et au kilométrage limité, sont parties comme des petits pains, constatent les professionnels du secteur.
Les hybrides représentent désormais 13,3 % des immatriculations d’occasion, plébiscités tant par les particuliers que les entreprises. Cette part progresse régulièrement au fil des trimestres, portée par l’arrivée sur le marché de l’occasion des premières générations de véhicules hybrides achetés neufs entre 2019 et 2022. Les hybrides non rechargeables (HEV Toyota, Honda, Kia) restent les plus demandés, devant les hybrides rechargeables (PHEV) dont la valeur résiduelle est plus difficile à estimer.
| Motorisation | Part marché occasion Belgique | Tendance |
|---|---|---|
| Essence | 55,6 % | ↗ En hausse |
| Diesel | 26,0 % | ↘ En recul structurel |
| Hybride (HEV/PHEV/mild hybrid) | 13,3 % | ↗ En progression régulière |
| Électrique (BEV) | ~5–6 % | ↗↗ Forte hausse (+50 % T1 2026) |
| Autres (GPL, hydrogène…) | < 1 % | → Stable |
Les prix : une stabilisation après les pics post-Covid
Après la flambée des prix observée entre 2021 et 2023 directement liée aux pénuries de semiconducteurs et à la raréfaction de l’offre neuve le marché belge de l’occasion a entamé une normalisation progressive depuis 2024. Cette tendance se confirme au T1 2026.
Le marché automobile revient petit à petit à la normale. Avec la livraison de nouveaux véhicules neufs, l’offre de véhicules d’occasion sur le marché a augmenté, ce qui a fait légèrement baisser le prix de l’auto de seconde main ces dernières années. Les fourchettes de prix observées sur le marché belge au T1 2026 :
| Segment | Fourchette de prix observée (T1 2026) | Tendance vs 2024 |
|---|---|---|
| Citadines (Polo, Corsa, 208…) | 6 000 – 14 000 € | → Stable à légère baisse |
| Compactes (Golf, Focus, Mégane…) | 9 000 – 19 000 € | → Stable |
| SUV compacts (Qashqai, Karoq, C-HR…) | 10 000 – 22 000 € | → Stable à légère hausse sur hybrides |
| Berlines premium (Série 3, Classe C…) | 14 000 – 30 000 € | ↘ Légère baisse sur diesels |
| Électriques (Zoé, ID.3, Leaf…) | 8 000 – 25 000 € | ↘ Baisse marquée (-15 à -20 % vs 2023) |
Le segment électrique est celui qui connaît la dépréciation la plus forte. Les premiers modèles arrivant en masse sur le marché Renault Zoé, Nissan Leaf, premières générations Volkswagen ID.3 affichent des décotes importantes qui les rendent nettement plus accessibles qu’il y a deux ans. Cette baisse des prix des électriques d’occasion est une bonne nouvelle pour les acheteurs qui souhaitent franchir le pas sans investir dans le neuf.
Le profil de l’acheteur belge d’occasion en 2026
Quelques constantes structurelles du marché belge de l’occasion se confirment au T1 2026 :
Un marché à 90 % porté par les particuliers
Le marché de l’occasion reste à un niveau particulièrement élevé depuis plusieurs années. Cette résilience s’explique en grande partie par la structure même du marché : 90,4 % des immatriculations concernent des particuliers. Ceux-ci n’ont souvent pas les moyens d’investir dans une voiture neuve dont les prix restent élevés — et se tournent dès lors vers une alternative fiable et accessible.
Les marques et modèles les plus vendus
En 2025, les marques de voitures d’occasion les plus vendues sont Volkswagen et BMW. Le top 5 est complété par Mercedes, Peugeot et Opel. Parmi les modèles les plus populaires, la VW Golf arrivait en tête avec 29 120 unités, devant la VW Polo, l’Opel Corsa, la BMW Série 3 et la Renault Clio. Ces tendances se maintiennent au T1 2026 sans changement significatif de hiérarchie.
Les SUV et citadines dominent la demande
Le choix des acheteurs se porte fréquemment sur deux segments : les SUV plus spacieux ou les citadines compactes, généralement équipés d’un moteur essence ou hybride. Cette polarisation entre les deux extrêmes du marché les voitures peu chères à l’achat et à l’entretien, et les SUV polyvalents se confirme à chaque publication de données TRAXIO.
Le parcours d’achat se digitalise
De plus en plus de clients se sont informés en ligne avant de se rendre dans un showroom. Les clients indiquent être plus disposés à parcourir leur customer journey en numérique, constatent les professionnels du secteur. Cette tendance modifie la dynamique des visites en concession : les acheteurs arrivent avec une connaissance plus précise du marché, des comparatifs de prix déjà effectués, et des questions plus ciblées. Le pouvoir de négociation du consommateur informé s’est renforcé.
L’impact des LEZ sur le marché de l’occasion
L’entrée en vigueur au 1er janvier 2026 des nouvelles restrictions LEZ à Bruxelles (diesels Euro 5 interdits) et à Anvers modifie les équilibres du marché de l’occasion. Deux effets sont clairement visibles :
- Effondrement des prix des diesels Euro 5 : les véhicules immatriculés entre 2010 et 2015, qui étaient encore vendus entre 5 000 et 9 000 € fin 2024, voient leur valeur chuter rapidement. Un diesel Euro 5 interdit à Bruxelles et Anvers représente un risque d’usage quotidien pour une large partie des acheteurs potentiels, ce qui comprime les prix.
- Pression sur les essences Euro 4 et Euro 3 : les essences Euro 3 sont désormais interdites à Anvers, et les essences Euro 4 seront concernées par des restrictions progressives dans les prochaines années. Ces véhicules entrent dans une zone de dépréciation accélérée.
À l’inverse, les véhicules conformes aux restrictions actuelles et futures diesels Euro 6, essences Euro 5/6, hybrides et électriques bénéficient d’une prime de conformité. Leur valeur résiduelle est plus stable, voire en légère hausse sur certains segments hybrides.
Les véhicules ex-leasing : un flux qui s’accélère
Une tendance de fond se confirme au T1 2026 : l’afflux croissant de véhicules ex-leasing récents sur le marché de l’occasion. L’arrivée accrue de véhicules ex-leasing récents devrait accélérer le rajeunissement du marché de l’occasion et favoriser une diffusion plus rapide des innovations technologiques auprès des acheteurs particuliers.
Ce phénomène est directement lié à la fiscalité des voitures de société en Belgique. Les sociétés qui ont acheté des véhicules hybrides et électriques entre 2022 et 2024 pour bénéficier des avantages fiscaux commencent à les remettre sur le marché en fin de contrat. Ces véhicules, généralement bien entretenus, récents (3 à 4 ans), avec des kilométrages modérés (60 000 à 90 000 km), alimentent une offre qualitative sur le marché de la seconde main à des prix souvent plus accessibles que les mêmes véhicules achetés neufs quelques années plus tôt.
Pour un acheteur belge en 2026, ce flux ex-leasing représente un segment particulièrement intéressant : des véhicules récents, en bon état, avec un carnet d’entretien souvent complet fourni par la société de leasing, et des motorisations modernes (hybride, électrique, essence Euro 6) conformes aux restrictions LEZ actuelles et futures.
Perspectives T2 et T3 2026
Les acteurs du secteur restent prudents pour les prochains trimestres. Le contexte économique exercera une influence déterminante sur les volumes du marché de l’occasion. Plusieurs éléments plaident pour une stabilisation :
- L’effet Salon continue de se diffuser en T2 : les livraisons de commandes passées en janvier ne sont pas terminées, et l’afflux de véhicules mis en vente par les particuliers qui prennent livraison de leur neuf devrait maintenir un niveau d’offre soutenu en avril-mai
- La croissance attendue des électriques d’occasion : avec un parc de véhicules électriques qui se densifie sur le marché du neuf depuis 2021, le flux d’entrées sur le marché de l’occasion va mécaniquement s’intensifier jusqu’en 2027-2028
- La pression des LEZ sur les segments anciens : les véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 3 vont continuer à déprécier, alimentant un segment d’entrée de gamme peu cher mais géographiquement restreint dans son usage
- Le marché d’occasion devrait poursuivre sa croissance, l’accent reposant fortement sur la mobilité abordable.
Ce que ça change concrètement pour un acheteur d’occasion en 2026
Ces tendances du marché se traduisent par des opportunités et des risques concrets pour qui cherche une voiture d’occasion en Belgique en 2026 :
- Les électriques d’occasion sont au meilleur rapport qualité/prix depuis leur lancement : la baisse des prix conjuguée à l’offre abondante crée une fenêtre d’achat favorable, en particulier sur les modèles 2020-2022 (Zoé, ID.3, e-208, Leaf)
- Les diesels Euro 6d sont des bonnes affaires sous-estimées : pénalisés par l’image du diesel en général, leur valeur de marché est comprimée alors qu’ils circulent librement dans toutes les LEZ belges jusqu’en 2030 au moins
- Les essences hybrides ex-leasing offrent le meilleur équilibre : récents, LEZ-conformes, bien entretenus, avec une décote ex-leasing attractive c’est probablement le meilleur segment pour qui cherche un véhicule fiable à prix raisonnable
- Les diesels Euro 5 et essences Euro 3 sont à éviter si vous résidez ou travaillez en zone urbaine : leur dépréciation va s’accélérer et leur usage se restreindre géographiquement
- La fenêtre post-Salon (avril-mai) est favorable à la négociation : l’offre est plus abondante qu’à d’autres moments de l’année, ce qui renforce le pouvoir de négociation de l’acheteur
Conclusion : un marché en recul conjoncturel mais structurellement solide
Le recul de 2,3 % au T1 2026 doit être lu avec nuance. Il intervient après plusieurs années de croissance, dans un contexte économique incertain, et est partiellement compensé par le rebond de mars. Le marché belge de l’occasion reste l’un des plus actifs d’Europe, avec près de 60 % du total des immatriculations automobiles. Ses mutations de fond déclin du diesel, montée des hybrides et de l’électrique, digitalisation du parcours d’achat, pression des LEZ suivent une trajectoire lisible qui permet à l’acheteur informé d’anticiper plutôt que de subir. Les chiffres du T2 2026, attendus début juillet, permettront de confirmer si le rebond de mars était ponctuel ou le signe d’une reprise plus durable.
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